
L’Annonciation de la Sainte Vierge et l’Incarnation de Jésus-Christ ne forment qu’un seul et inséparable mystère. Depuis plus de quatre mille ans, la terre attendait le Sauveur promis ; l’heure de la délivrance a sonné, enfin : voici le Rédempteur ! Une scène d’une grandeur toute mystérieuse se passe dans les splendeurs du Ciel.
Pour réparer l’injure infinie faite à la Divinité par le péché, il faut une réparation infinie et … divine : le Fils de Dieu descendra de Son trône éternel, Il prendra une chair humaine et sera tout ensemble Dieu et Homme.
Le message céleste est confié à l’Archange Gabriel. Où trouvera-t-il Celle qui, d’après les plans divins, doit donner naissance au Sauveur du monde ? Dans un grand empire ? Non. Sur un trône ? Non plus, mais dans la petite province de Galilée, perdue au milieu de l’immense empire romain. Il y a dans la minuscule ville de Nazareth une humble et pauvre maison où habite une jeune vierge inconnue. Son nom est Marie. Elle est depuis peu fiancée à Joseph, charpentier de Nazareth, il sait qu’elle désire rester vierge et le chaste Joseph accepte de respecter ce vœu de virginité qu’elle a fait au Temple.
Au Temple, elle y est entrée à 3 ans, a étudié les écritures saintes, a appris à prier, à tenir une maison, à filer, teindre et tisser la laine et le lin. Elle a à peine quinze an quand le grand prêtre lui ordonne de quitter le Temple pour se marier. Elle est petite, douce, effacée, elle tient de son père son teint pâle, ses cheveux blonds légèrement roux et ses yeux bleus à fleur de peau.
En ce moment, Elle prie à genoux dans sa chambre, et soupire peut-être après la venue du Messie promis. Soudain une grande lumière envahit la pièce, elle n’ose lever les yeux, c’est l’Ange Gabriel qui soudain paraît devant Elle: Elle entend une voix : « Je Vous salue, pleine de grâce, dit-il, le Seigneur est avec Vous, Vous êtes bénie entre toutes les femmes! »
Marie Se trouble, à ces étonnantes paroles. L’ange ranime aussitôt la confiance de la timide jeune fille : « Ne craignez rien, Marie, ajoute-t-il, Vous avez trouvé grâce devant Dieu; Vous concevrez et Vous enfanterez un Fils, à qui Vous donnerez le nom de Jésus; Il sera grand, et on L’appellera le Fils du Très-Haut, et Son règne n’aura pas de fin. »
Quelle promesse, quel honneur et quel bonheur ! Mais comment s’opérera cette merveille en Celle qui a voué à Dieu Sa virginité ? La réponse est facile à l’envoyé du Ciel : « L’Esprit-Saint descendra en Vous, et la vertu du Très-Haut Vous couvrira de Son ombre. » Marie n’a plus qu’à prononcer le Fiat qui va faire tressaillir la terre d’espérance: « Voici la servante du Seigneur, qu’il Me soit fait selon votre parole. »
A cet instant béni, le mystère s’accomplit, le Verbe Se fait chair, et Marie pourra entonner bientôt le cantique de la reconnaissance : « Mon âme glorifie le Seigneur, et Mon cœur exulte en Dieu Mon Sauveur ! Désormais toutes les générations M’appelleront bienheureuse! »